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La nature à la une


La Cistude d'Europe


Cistude d'Europe - Miguel Gailledrat

Seule représentant autochtone des chéloniens dans la Vienne, la Cistude d'Europe est une petite tortue aquatique qui fréquente dans notre région toutes sortes d'hydrosystèmes : rivières à court lent, mares, étangs, fossés, marais. Elle affectionne le fond vaseux des eaux calmes et dormantes, les zones à nénuphars, les jeunes roselières et les fossés jouxtant les étangs.

Le régime alimentaire de la Cistude est composé d’invertébrés (mollusques, insectes) mais également de cadavres de poissons ou d’amphibiens. C’est donc une espèce carnivore mais aussi charognarde. Comme tous les reptiles, elle n’est pas capable de réguler sa température interne et doit s’exposer au soleil pour accumuler de la chaleur et inversement s’abriter en cas de trop forte chaleur. Après avoir hiverné sous l’eau d’octobre à mars, la Cistude s’accouple au printemps. Quelques semaines plus tard, la femelle ira pondre à terre dans un nid qu’elle aura creusée. Les jeunes naissent généralement en septembre, mais il arrive qu’ils naissent plus tard. Dans ce cas, les juvéniles resteront dans leur nid jusqu’au printemps suivant.

Même si son statut n’est pas totalement connu, l’espèce semble présente depuis très longtemps dans le département de la Vienne comme le prouvent les découvertes d’indice de présence à l’époque néolithique. Plus récemment, la Cistude était citée au XIXe siècle comme présente dans la Vienne, le Clain et la Clouère. Aujourd'hui, la Cistude d’Europe est encore considérée comme rare dans le département de la Vienne, même si grâce aux prospections plus importantes, nous possédons plus d'informations sur sa répartition départementale. Depuis 15 ans, l’espèce a été observée dans une trentaine d’étangs, mais également dans plusieurs cours d’eau du département : le Salleron, l’Anglin, le Clain, la Gartempe, l’Envigne et l’Ozon. Des preuves de reproduction de l’espèce ont été découvertes dans le Montmorillonnais, le Châtelleraudais et à proximité de Poitiers.

L’urbanisation, les pollutions, la fragmentation des milieux, la destruction des zones humides (assainissement, drainage, etc.) et la disparition des prairies sèches utilisées comme zones de ponte à proximité des milieux aquatiques sont les principales menaces pour la Cistude. L’introduction d’espèces exotiques telles que les tortues de Floride est un facteur pouvant aggraver ces menaces.

La Cistude cumule les statuts de protection (internationale, nationale) et est considérée comme une espèce quasi menacée en France. Elle est inscrite sur la liste rouge des reptiles menacée du Poitou-Charentes (Poitou-Charentes Nature, 2002). La population départementale est certainement en lien avec les populations importantes présentes dans la Brenne (36). Considérée comme rare dans la Vienne, il serait nécessaire de mettre en œuvre des mesures de gestion favorisant la conservation des sites majeurs du département.

Miguel Gailledrat