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La nature à la une


Le martin-pêcheur


Martin-pêcheur © Luc Viatour www.lucnix.be

Dans nos régions, le martin-pêcheur partage avec le guêpier un petit air de tropicalisé qui sied aux oiseaux vivement colorés.

La plupart du temps annoncé par un sifflement aigu et sonore, l'oiseau file comme un obus bleu turquoise, scintillant au ras de l'eau. Il est l'un des symboles des milieux aquatiques, le seul peut-être que tout le monde est capable de reconnaître et de nommer au premier coup. Sa silhouette caractéristique et les couleurs irisées de son plumage font de chaque observation un petit moment d'étonnement et de surprise même pour les habitués. Des instants toujours brefs d'ailleurs car, soit l'oiseau passe en trombe, soit il s'enfuit, dérangé alors qu'il se tenait à l'affût au dessus de l'eau.

Ce passereau aux proportions curieuses : très grosse tête, bec en poignard, pattes courtaudes, corps trapu, queue réduite, apparemment peu adapté à son habitat de prédilection est pourtant très aquatique. Son régime est essentiellement composée de petits poissons, souvent des alevins, jusqu'à une taille de sept centimètres. Les larves d'insectes aquatiques, les têtards, viennent compléter cette alimentation spécialisée et capturée par plongeon depuis un poste d’affût ou plus rarement à la suite d'un vol stationnaire (voir lien vidéo). Le martin-pêcheur est donc tributaire de la transparence de l'eau pour exercer son activité. De même que des berges abruptes et meubles lui sont nécessaires pour creuser le tunnel qui aboutira à la chambre de ponte. Le couloir d'accès, en général inférieur à un mètre, est creusé des pattes et du bec par les deux oiseaux du couple. Les œufs sont pondus fin avril-début mai et les jeunes élevés au milieu des déjections et autres reliefs d'alimentation en putréfaction transforment le nid en bourbier puant. Le couple devra creuser un autre nid pour accueillir la nichée suivante.

Les populations de martin-pêcheur sont en régression. L'altération et la modification de son habitat de vie : reprofilage des cours d'eau, enrochement et aménagement des berges, pollution et augmentation de la turbidité de l'eau, entravent son installation et amenuisent les ressources trophiques qui sont indispensable à sa survie. La présence du martin-pêcheur est un bon indicateur de l'état de conservation des milieux aquatiques.

Olivier Prévost