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La nature à la une


Répartition des ressources sur terre


Torrent de la Cabana - Serra de San Marc (Espagne) - Monitotxi (FlickR)

La nature est riche en eau et l’humanité aura vécu des millénaires sans grande attention à son égard, hormis dans les zones arides ou au contraire dévastées par les crues. Mais aujourd’hui les ressources en eau semblent s’amenuiser…

Pourtant, l'eau est une ressource renouvelable dont le stock, environ 1400 millions de kilomètres cube, est resté constant depuis depuis 3,4 milliards d’années. Cependant si 72% de la surface de la Terre est recouverte d'eau, l'essentiel du volume est salé et contenu par les océans. Seul 2,5% de ce volume est constitué d'eau douce. Toutefois, la majeure partie de cette eau douce est gelée (pôles et glaciers) ou stockée dans les nappes profondes et seul 0,3% de ces réserves est directement disponible (rivières, sources, puits).

Aussi minime soit-elle, cette quantité suffit très largement, du moins d’un point de vue global. Car au niveau local, l’eau peut cruellement faire défaut. L’eau douce est en effet très inégalement répartie dans l’espace et dans le temps avec une demande forte dans les régions arides notamment. Elle se trouve mal distribuée dans l’espace entre des villes peuplées et des campagnes vides, entre les zones de consommation et les sources d’approvisionnement. Il n’existe malheureusement aucune correspondance entre densité de population et disponibilités des ressources en eau. La steppe et la zone aride ne reçoivent que 2,2% du débit d’écoulement total alors que 21,5% de la population mondiale y vivent. Inversement, la zone tropicale qui n’abrite qu’un sixième de cette population , bénéficie elle de la moitié du débit mondial.

Mal partagée dans l’espace, l’eau douce est de plus mal partagée dans le temps. Les périodes de prélèvement maximal pour l’irrigation sont souvent celles ou les ressources superficielles et souterraines sont au plus bas. Il en résulte de fréquents déséquilibres entre l’offre et les besoins en eau. La surexploitation des nappes phréatiques en est un des stigmates les plus fréquents.

Extrait du livre « l’eau, pour une culture de la responsabilité » d’Antoine Frérot, Editions Autrement, 2009.

Marie Legrand