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Autour de la nuit


L'escargot petit-gris


Petit Gris - Luis Miguel Bugallo Sanchez(wikipedia)

Tous les mollusques évoluent généralement dans les milieux aquatiques mais certains se sont adaptés à une vie terrestre et ont développé un « poumon » leur permettant donc de s'oxygéner à l'air libre. C'est le cas de tous les escargots terrestres comme le petit-gris Helix aspersa.

Mais lorsque l'on choisi de vivre sur la terre ferme avec un organisme qui, pour fonctionner au mieux, doit être constituer de 88 % d'eau, vous imaginez aisément quel est le souci N°1 de notre animal : éviter à tout prix la dessiccation en conservant son eau corporelle. Et quoi de pire pour cela que les rayons du soleil ?

C'est donc tout naturellement que le petit-gris à choisi de mener l'essentiel de son existence la nuit venue, lorsque les différences de températures favorisent la condensation de l'air ambiant sur les supports de son environnement. Il peut alors vaquer tranquillement à ses occupations :

manger par exemple... Le petit-gris se régale des divers végétaux mais apprécie particulièrement les orties dont il grignote les feuilles à l'aide de sa « langue dentée » : la radula.

Se reproduire également... pour cela, le petit-gris se concentre sur la photopériode : la durée du jour doit être supérieure à celle de la nuit pour qu’instinctivement notre mollusque, si les conditions météorologiques le permettent, sache qu'il est possible de partir à la recherche d'un partenaire. Garçon ou fille ? Peu importe, comme la plupart des escargots, et c'est bien connu, le petit-gris est hermaphrodite ce qui permets une fécondation croisée avec son partenaire.

Après une nuit bien remplie, le petit-gris se trouvera un petit coin bien à l’abri des rayons du soleil, s’éloignant également de la chaleur persistante du ras du sol : un mur de pierres sèches ou un revers de feuilles sont des lieux idéaux !

Hélas pour notre animal : toutes les nuits ne lui sont pas favorables ! Ainsi, lorsqu' une sécheresse s'installe et qu'il vient à manquer cruellement d'eau, il s'enferme dans sa coquille, obstruant l'entrée grâce à un voile muqueux solidifié : l'épiphragme. Il ralentira alors son activité, entrant en estivation, jusqu'à ce qu'une pluie salvatrice l'autorise à reprendre du service. Alerté par la baisse de la durée du jour, il fera de même avant l'hiver, s'installant à l'abris du gel pour une hibernation obligatoire jusqu'au printemps.

Ça n'est donc pas sans raison que les ramasseurs de « lumas » ou autre « cagouilles », grands amateurs de gastronomie à la française et nombreux dans notre région, sortent les nuits humides à la belle saison prélever nombre de petit-gris* !

Alban Pratt

 

* L’Arrêté Ministériel du 24 avril 1979 autorise le ramassage d'Helix aspersa toute l'année, à condition qu'ils soient « bordés », c'est à dire que l'ouverture de la coquille forme un ourlet traduisant la fin de croissance du mollusque.


Mise à jour de la page : 01/2013