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Autour de la nuit


Le lérot


Lérot - Anthony Bossard (www.lestaxinomes.org)

À première vue, le lérot a tout d'un petit brigand ! L'apparence tout d'abord : beaucoup le confondent avec son cousin loir, mais comme tout bon cambrioleur, il porte toujours son masque noir : deux bandes sombres qui partent du haut du museau vers les oreilles et lui recouvrent les yeux. Il est également plus petit : 15 cm (le double avec la queue) pour mieux se faufiler ! Bien entendu, il n'agit que la nuit venue. Un lérot en pleine journée ? Ne cherchez pas, il se repose bien caché dans un petit nid de feuilles et de mousse dissimulé dans un arbre creux, un nichoir ou un vieux mur. Pas besoin de lumière : ses grands yeux noirs et saillants ainsi que ses longues vibrisses son les outils parfaits pour se repérer dans l'obscurité. De tous les gliridés (la famille dont il fait partie avec le loir et le muscardin), le lérot est celui qui s'aventure le plus souvent près de nos maisons. Très habile grimpeur, il n'aura aucune difficulté à entamer quelques fruits dans votre verger bien que les baies sauvages restent sont met favoris. Restant sur sa faim, il s'aventurera sans grande hésitation dans votre grenier ou votre garage chapardant ça et là quelques restes de grains ou autre nourriture laissés sans précaution. Et comme si ça ne suffisait pas, notre lérot peut réaliser de bien plus graves méfaits : s'il tombe par hasard sur un nid d'hirondelles ou de petits passereaux, il le pillera sans concession !

Le lérot, une bête malfaisante ? Restons pragmatiques : son seul objectif est de survivre en faisant ses réserves pour passer l'hiver, s'alimentant tout l'été, mais ne prélevant que ce dont il a besoin. L'automne venu, grâce à ses petits chapardages estivaux, il doublera son poids et passera ainsi la saison froide dans un profond sommeil léthargique, survivant sur ses réserves.

Vous craignez toujours que des lérots pullulent dans votre maison ? Aucun risque : tout d'abord parceque maman lérot ne donne la vie à guère plus de 4 à 5 petits par an. En plus, beaucoup ne survivent pas aux nombreux prédateurs qui les guettent : rapaces nocturnes, fouine et bien sûr les matous des villes ne leur laissent que peu de chance de survie. Pour ne rien arranger à sa situation, notre rongeur masqué a de plus en plus de mal à se loger : les bocages avec ses nombreux arbres creux et ses intarissables réserves de nourritures où il s'épanouissait jadis disparaissent. Sans compter les produits chimiques : entre intoxication aux pesticides et appâts empoisonnés sournoisement déposés à son attention (que l'on trouve encore dans le commerce en dépit de la convention de Berne qui bannis l'utilisation de ce type de piège et protège tous les gliridés), plus d'un lérot passe chaque année l'arme à gauche ! Résultat : ses populations sont en chute libre, tant et si bien que le lérot est devenu « quasi menacé » (liste rouge mondiale UICN).

Écouter le Lérot (cris de rut et d'exitation):
source : Guide sonore des mammifères d'Europe Jean C. Roché


Mise à jour de la page : 01/2013