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La nature à la une


Observer la vie nocturne


Observation nocturne d'une mare - VN

Pour commencer il faut se fier à l'accoutumance de nos yeux à l'obscurité progressive qui permet de repousser nos capacités visuelles à la pénombre bien avancée. Qu'une bienveillante pleine lune se mêle à l'affaire et les possibilités d'observation deviennent très correctes. Si de surcroît une fine couche de neige recouvre le sol, les conditions s'améliorent encore. L'utilisation de jumelles lumineuses sont souvent d'un grand secours et donnent d'étonnants résultats pour les mammifères et les oiseaux. Durant cette période d'entre chien et loup, l'emploi d'une source de lumière artificielle est à proscrire pour ne pas contrarier nos bâtonnets.

Au delà, la nuit noire qui se referme sur l'observateur nécessite, selon ses centres d'intérêt ou l'objectif de la sortie, l'utilisation d'un matériel plus ou moins sophistiqué. En premier lieu la lampe de poche (à main, frontale ou les deux, c'est encore mieux) permet d'observer les bestioles de la mare, les insectes dans la végétation. Mais attention, sauf autorisation préfectorale, l'utilisation d'une torche (ou pire d'un phare portatif) est interdite pour rechercher et éclairer la grande faune. Il existe aujourd'hui des jumelles de visions nocturnes issues de la technologie militaire qui donnent des résultats très convaincants. Mais c'est encore un matériel relativement onéreux pour des modèles de qualité. L'amateur de chauves-souris pourra s'en servir, couplées à un détecteur d'ultrasons (lui aussi assez cher), outil désormais indispensable à l'observation et l'étude de ces petits mammifères. Mais la maîtrise de cette technique ne se fera que grâce à un apprentissage sérieux et de nombreuses heures de terrain. L'entomologiste désireux de faire l'inventaire des papillons de nuit investira dans une lampe spéciale à forte émission d'ultraviolet, protégée par une enveloppe de gaze et éclairant un drap blanc posé au sol. Il n'y a plus alors qu'à se pencher pour identifier les dizaines d'espèces perturbées par ce puits de lumière.

Que la sortie soit statique (affût) ou mobile (billebaude), il y a aussi quelques règles à respecter qui ne varient pas beaucoup de celles valables pour la journée. Les habits doivent être souples et silencieux (pas de nylon ou similaire), de couleur neutre, ni trop clairs ni trop sombres. Pour les chauves et les tignasses blanches dont le crâne est repérable de loin, un couvre-chef quelconque fera l'affaire. Les filets de camouflage (magasin de chasse ou surplus militaires) sont forts utiles pour briser la silhouette de l'observateur à l'affût. Et des gants légers pour masquer le mouvement de mains

Enfin, pour les mammifères, il y a la question du vent. Jamais dans le dos, pour éviter que votre odeur ne vous précède et ne fasse le vide avant votre arrivée !

Olivier Prévost