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Autour de la nuit


Le crépuscule et l'aube


Crépuscule - Wa So (Flickr)

À défaut d'être purement nocturnes, de nombreux animaux ont une activité crépusculaire marquée qui reprend en fin de nuit jusqu'au lever du soleil. Particulièrement riche pour le naturaliste ces deux périodes sont aussi le point de rencontre de deux faunes : celle du jour et celle de la nuit.

Le crépuscule est la période qui succède immédiatement au coucher du soleil jusqu'à l'obscurité complète. Le concert vespéral des oiseaux diurnes décroit régulièrement et c'est en général la grive musicienne qui conclut l'affaire. Le faucon hobereau, à l'occasion chasseur de chauves-souris, reste actif le soir au moment où les précoces noctules, sérotines ou pipistrelles commencent leur quête insectivore. Avec la lumière décroissante de nombreuses espèces sortent de leur retraite et se mettent en route vers leurs terrains de chasse. C'est le cas de beaucoup de mammifères, comme le blaireau dont la sortie du terrier est réglée sur l'heure du coucher du soleil dont il suit l'évolution du printemps à l'automne. Ce moment de la journée est aussi celui du calme enfin retrouvé et un gage de sécurité pour beaucoup d'espèces fuyant les activités humaines. La présence d'un observateur se doit donc d'être extrêmement discrète pour ne pas contrarier la tranquillité de cette période cruciale.

L'activité matinale depuis les premières lueurs de l'aube est encore relativement importante chez quelques bêtes qui évitent la période diurne. Les cervidés au moment du brame sont actifs jusqu'au lever du soleil dans certains cas, et les sangliers peuvent traîner à retourner une prairie. Toutefois c'est surtout le réveil de la nature « diurne » qui caractérise le point du jour et l'aurore qui lui succède. Si cela est particulièrement perceptible sous nos latitudes tempérées, cette période de la journée prend la forme d'une véritable explosion en milieu tropical. Le réveil de la forêt ombrophile est pour le naturaliste et notamment l'ornithologue, un moment de confrontation avec l'immense biodiversité tropicale, qui semble parfois disparaître totalement dans la touffeur moite de la pleine journée.

L'observation de la nature au crépuscule ou dès potron-minet peut se passer d'un matériel sophistiqué. Il faut laisser l’œil prendre la mesure de l'obscurité naissante sans parasiter l'opération d'un éclairage à la lampe. Mais pour les bêtes lointaines ou furtives, l'emploi de jumelles où la luminosité doit l'emporter sur le pouvoir grossissant, est inestimable.

Olivier Prévost


Mise à jour de la page : 01/2013