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2011 Année des Forêts


Les mammifères en forêt


Cerf elaphe - Cervus elaphus © Alban Pratt

La diversité des milieux boisés permet à de nombreux mammifères de s'installer à demeure ou plus ponctuellement. Toutefois, il existe une différence notable de richesse entre un entrelacs de petits boisements en milieu bocagé, donc un milieu semi ouvert, et les grands espaces boisés uniformes, telles que les forêts traitées en futaie, qui ne conviennent qu'à un nombre limité d'espèces plus spécialisées.

Les mammifères, comme d'autres vertébrés, préfèrent les lisières, cet écotone qui délimite deux habitats distincts. Ainsi la diversité spécifique est-elle évolutive au sein d'un massif forestier selon que l'on se trouve au cœur de celui-ci ou sur ses bordures, en contact avec des habitats plus ouverts.
Au sol, sur la litière, les micro-mammifères sont dominés par le campagnol roussâtre, réputé campagnol forestier, le mulot sylvestre très abondant et la musaraigne couronnée qui préfère les habitats frais et assez humides.Si l'on s'élève dans les frondaisons, on rencontre le loir, et surtout l'écureuil dont la silhouette connue de tous constitue l'un des symboles de la forêt. Les pommes de pins rongées méthodiquement et laissés au sol sont les plus sûr indices de présence de ce rongeur, dont le principal prédateur est la martre. Ce petit carnivore de la famille des mustélidés est particulièrement inféodés aux boisements de conifères qui souvent déterminent sa répartition.

Mais c'est la tribu des chauves-souris qui reste sans conteste la mieux représentée des mammifères dans les grandes entités forestières de notre département. On retiendra d'emblée une série d'espèces typiquement forestières, c'est à dire qui trouve dans cet habitat tant le gîte que les terrains de chasse : les murins de Bechstein, de Naterrer et d'Alcathoe, la barbastelle, les noctules commune et de Leisler. Toutes sont arboricoles, utilisant les cavités des arbres ou les écorces décollées pour installer leur gîte de repos et leurs colonies de reproduction. Si les murins, au vol manœuvrable, sont plutôt des chasseurs qui inspectent les layons ou l'intérieur des parcelles parfois encombrées de végétation, les noctules préfèrent rechercher leurs proies au-dessus de la canopée grâce à leur vol puissant et rapide. Quand à la barbastelle, c'est une chauve-souris très spécialisée dans son alimentation qui occupe de préférence les vieilles futaies de feuillus. À ces quelques espèces, on peut ajouter au moins huit autres parmi lesquelles la sérotine, le grand murin ou la pipistrelle de Kuhl par exemple, qui visitent plus ou moins régulièrement les massifs forestiers en quête de nourriture.

L'inventaire du bestiaire forestier ne saurait omettre les grands animaux et tout particulièrement le cerf, autre figure emblématique de ce milieu. Autrefois cantonné aux massifs importants, le cerf est aujourd'hui observé dans des boisements plus réduits, de sorte que sa distribution couvre l'ensemble du département. La variété des peuplements au sein d'un même massif influence la richesse et la distribution des mammifères, qui comme les autres composantes de la faune dépendent de la diversité et de la disponibilité des habitats. Ainsi, le nombre d'espèces sera supérieure dans une parcelle mixte âgée et traitée en taillis sous futaie, que dans une parcelle de production mono-spécifique de pin maritime.


Mise à jour de la page : 07/2011