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La nature à la une


Rage


Sérotine commune, bien que cette espèce soit très commune, les cas d'individus contaminés restent très rares
© Miguel Gailledrat

Endémique en France depuis toujours, le virus de la rage causa la mort de nombreuses personnes jusqu'à la découverte par Pasteur d'un vaccin enraillant le développement de la maladie s'il est administré rapidement après la contamination.

Le renard, mais aussi les carnivores domestiques et le bétail, furent les principaux vecteurs de la maladie, qui disparut finalement de l'hexagone en 2001 après une campagne de vaccination orale particulièrement efficace (quelques cas ponctuels sont encore notés chez des chiens). Chez les chauves-souris le premier cas européen fut découvert en Allemagne en 1954, et on sait depuis que les deux virus qui affectent ces mammifères en Europe sont différents de celui de la « rage vulpine ». Il s'agit des lyssavirus de type 1 et de type 2, spécifiques aux chiroptères mais transmissibles à l'homme et exceptionnellement à d'autres mammifères. Ces virus ont été identifiés chez neuf espèces en Europe, mais 94 % des cas concernent la sérotine commune qui est d'ailleurs le seul vecteur connu en France aujourd'hui.

Si une forte densité de cas est observée en Hollande et au Danemark, seulement 35 cas de chauves-souris contaminées ont été enregistrés en France de 1989 à 2008 grâce à un programme national d'épidémiosurveillance, parmi lesquels trois sont localisés en Poitou-Charentes (Charente-Maritime et Deux-Sèvres). Cette pathologie reste donc très occasionnelle en France et en Europe, contrairement à ce qui est observé en Amérique du sud ou en Asie par exemple.

La transmission du virus s'opère essentiellement par morsure ou léchage d'une plaie. La population humaine la plus exposée est bien sûr celle des chiroptérologues, détenteurs d'une autorisation de capture, qui manipulent fréquemment des chauves-souris lors du suivi des populations. Deux précautions indispensables pour pratiquer cette activité : l'utilisation des gants et une vaccination préventive qui n'exclut pas une vaccination curative en cas de morsure ou de contact suspect. Il est en effet important de garder à l'esprit que l'issue de cette maladie une fois déclenchée reste fatale. Toutefois sa prévalence est tellement tenue qu'il serait ridicule de tomber dans la psychose. Il suffit simplement de ne pas manipuler une chauve-souris sans une protection contre un risque de morsure.