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La nature à la une


Le milieu souterrain


Mazaire - Cavité naturelle - Vienne Nature

On ne sait pas à quand remonte l'occupation par les chauves-souris des habitats souterrains issus de l'érosion de la roche sous l'effet de l'eau. Les restes de plusieurs espèces découverts dans les sites de fouilles paléontologiques témoignent en tout cas de la cohabitation ancienne entre les chiroptères et les hommes dans les sites rupestres. En dehors des sites d'origine naturelle tels que les grottes, les chauves-souris ont grandement été favorisées par l'excavation des multiples carrières destinées à la production de pierres de construction. Dans ce cas les activités humaines leur ont fourni un nombre considérable de gîtes d'hibernation en particulier, influant ainsi très probablement sur la répartition hivernale des espèces cavernicoles.

Pourquoi cet attrait pour les habitats souterrains ? Ces mammifères hibernant y trouvent en hiver les conditions thermiques indispensables au sommeil léthargique : obscurité, fraîcheur (température inférieure à 10°), taux d'humidité proche de la saturation. Le nombre d'espèces qui utilise les sites hypogés est assez élevé et plusieurs d'entre elles, totalement cavernicoles comme le rhinolophe euryale ou le minioptère de Schreibers, passent toute l'année sous terre. Les trois espèces de rhinolophes, le minioptère, le grand murin, le murin à moustaches, et le murin à oreilles échancrées sont les chauves-souris dont les populations se concentrent dans les habitats souterrains en hiver.

Les autres espèces que l'on y rencontre ne sont notées qu'en petit nombre ou de façon occasionnelle (murin de Daubenton, oreillard roux par exemple). En été, certains sites souterrains pourvus de pièges à chaleur (cheminée ou cloche au plafond), sont favorables à l'installation de colonies de parturition souvent très populeuses qui réclament obscurité et chaleur.

La rareté et l'importance de ces gîtes traditionnels pour les chiroptères impliquent la nécessite absolue de les préserver. Car ce sont d'autres activités humaines, revers de la médaille, qui constituent aujourd'hui une menace pour les chauves-souris cavernicoles : dérangements, mise en sécurité, comblement, aménagement à des fins touristiques ou réhabilitation économique sont autant de dangers qui peuvent fragiliser ou faire disparaître les populations cavernicoles de chiroptères.