Imprimer cette page

La nature à la une


Le nom des chauves-souris


Murin de daubenton et Louis Jean-Marie Daubenton
© Samuel Ducept / gravure Ambroise Tardieu direxit

Natterer, Bechstein, Kuhl, Brandt, Daubenton, Capaccini, Nathusius, Savi, Leisler, Schreibers... autant de noms associés à ceux de nombreuses chauves-souris européennes. Il fut une époque, mais cela reste largement d'actualité, où il était de bon ton de dédier à un maître, un scientifique ou une personne publique de renom une espèce animale ou végétale.

Dans ce domaine les chauves-souris sont en bonne place puisque un tiers des espèces françaises portent le nom d'une personnalité. Les scientifiques allemands et autrichiens, précurseurs de l'étude des chauves-souris, sont très présents dans cette liste : Heinrich Kuhl 1797-1821), disparu prématurément sur l'île de Java, fut un naturaliste exceptionnel en dépit de son jeune âge. K.F.A. von Schreibers (1775-1852), fut conservateur des collections de Vienne, naturaliste et explorateur. J. Matthaeus Bechstein (1757-1822) est considéré comme « le père de l'histoire naturelle allemande ». En revanche, Francesco Cappacini (1784-1845) n'a rien a voir avec les sciences puisqu'il s'agit d'un prélat italien.

D'autres noms font références à des personnages de la mythologie comme c'est le cas du rhinolophe euryale, dont le nom se rapporte à l'une des trois Gorgones. La valse des noms fut également une constante avant d'en arriver à une appellation stable, que se soit en français ou en latin. Ainsi, il fallut deux siècles au grand murin pour qu'on lui attribue son nom actuel. Entre temps, il fut nommé : grande chauve-souris de notre pays, chauve-souris, vespertilion murin, grande chauve-souris murine, enfin grand murin à partir de 1973 ! Les rhinolophes furent nommés selon la particularité de leur feuille nasale en forme de fer-à-cheval. Sérotine et noctule viennent de mots latins en relation avec la nuit et l'obscurité. Enfin, l'appelation « chauve-souris » en elle même trouve ses origines dans le bas latin cawa sorix « chouette-souris » qui témoigne bien de l'embarras dans lequel se trouvaient les zoologistes face à cet animal chargé d’ambiguïté, mi-oiseau de nuit, mi-mammifère.