2011 Année des Forêts
Mythes et Croyances

La forêt a été de tout temps à l’origine de craintes et d’inquiétudes. Les bois et les forêts sont des lieux sombres, impénétrables où se cachent forcément des esprits diaboliques et malfaisants.
Au Moyen-âge les lisières forestières constituent la frontière entre le domaine de l’agriculture « fréquentable » et celui des brigands, des bûcherons et des charbonniers, considérés à l’époque comme des marginaux. La forêt est également pour tous la représentation de la nature sauvage avec des animaux dangereux, dont le plus emblématique est certainement le loup, cette bête « féroce » qui hante les forêts. Cette peur du Loup s’exprime dans la culture populaire à travers de nombreux comptes et comptines pour enfants, tels que « le Petit Chaperon rouge » qui le rencontre alors qu’elle traverse la forêt pour rendre visite à sa Mère-Grand.
La forêt a aussi été un lieu sacré et de cultes important des pour les peuples Celtes. Les druides s’y réunissaient pour parler politique et religion. La plus célèbre des ces forêts sacrées est certainement celles des Carnutes, située près d’Orléans. Parmi les nombreux dieux que vénéraient nos ancêtres Celtes, celui de la forêt est nommé Sylvanus (silva signifie "forêt") et désigné par sanctus et silvester en inscriptions païennes. Plus tard, l’église catholique semble s’être appropriée ce dieu païen, Sylvanus, comme semble l’indiquer la légende de Saint-Sylvain, envoyé en Gaule par Saint Pierre, avec un compagnon du nom de Silvestre. Lorsque ce dernier mourut en chemin, Sylvain en référa à Pierre qui lui confia son bâton pastoral avec lequel il ressuscita Silvestre. De cette légende découlera le nom de la commune et de la forêt de Saint-Sauvant, Sanctus Silvanus (vers 1082), devenu en français Sovain (1274), Sauvain (1456), Sauvent (1494).
Dans la Vienne, comme ailleurs la forêt a également nourrit l’imaginaire collectif donnant lieu à quelques légendes. Parmi elles, la plus répandue, est certainement celle de la fée Mélusine qui rencontra au pied de la fontaine de la soif (Font de Cé) Raymondin son futur époux, de retour d’une partie de chasse en forêt de Coulombiers, non loin de Lusignan.
Dans un autre registre, on peut citer la légende de la tombe à l’Enfant, monument funéraire en dalle calcaire dur, présent en forêt de Moulière, où gît dit-on, un jeune berger qui aurait été dévoré par la meute de chien d’un Châtelain des environs et autour duquel il se raconte que l’on risque de voir « le diable en train de faire danser les loups rouges ».
Non loin de cette stèle, un peu plus à l’est, le gouffre du grand Soubis est un passage vers les profondeurs de la terre, selon une légende d’un cheval sans cavalier qui entraîne les égarés ayant l’imprudence de le chevaucher, dans le monde souterrain pour un voyage sans retour.
Enfin, la forêt est parfois considérée comme bienfaitrice et protectrice, comme le relate la légende des Ajoncs fleuris, en forêt de Scévolles. Alors qu’elle se dirige vers Poitiers avec sa suite, Radegonde (future Sainte Radegonde) poursuivie par son époux, le roi Clotaire, l’un des fils de Clovis, est finalement prise au piège en forêt de Scévolles. Radegonde pour se protéger se cache derrière des ajoncs qui se mirent à fleurir comme par enchantement devant le roi Clotaire. Celui-ci compris tout de suite que ce phénomène relevait du prodige et abandonna ses prétentions auprès de Radegonde qui a pu ainsi continuer son voyage vers Poitiers et fonder l’abbaye Sainte-Croix.

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