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2011 Année des Forêts


Coléoptères saproxylophages


Rosalie des Alpes Rosalia alpina - Samuel Ducept

Sous ce nom barbare se cachent les « scarabées » du bois mort, littéralement les insectes qui se nourrissent de bois en décomposition. Acteurs de la décomposition et de la valorisation du bois mort, ces animaux sont hautement menacés dans notre région et plus largement à l’échelle européenne.


Gauche : Pique prune © Calmont B. | Droite : Petit capricorne © Samuel Ducept

Dès la fin du printemps, en juin au crépuscule, la cime des arbres laisse échapper des vrombissements sourds. Les lucanes cerfs-volants, plus gros coléoptères d’Europe, ont émergé. Actifs dès le coucher du soleil, ils tournoient à la recherche de sève pour se nourrir et d’arbres morts pour y déposer leurs œufs. Pouvant atteindre 7 à 8 cm de longueur, les mâles se livrent des combats à l’aide de leurs mandibules démesurées. Les larves se développeront dans le système racinaire ou dans la « souche » des arbres morts.

Certains arbres dits « cariés », suite à l’action des pics pour creuser leur loge par exemple, servent d’abri à des cétoines et notamment le Pique-prune. Les larves de ce gros scarabée brun vert brillant se nourrissent du terreau contenu dans les caries des arbres où elles sont accompagnées par les larves fouisseuses des taupins.

Les « longicornes » sont aussi de la partie puisque notre chère Rosalie des Alpes se nourrit, dans ses jeunes stades, de bois mort ou mourant. De préférence dans les hêtres, les larves consomment également le frêne et l’aulne, c’est du moins ce qui semble être le cas dans sa seule station actuellement connue en Vienne.

Enfin nous trouvons les non moins célèbres capricornes classés dans les insectes saproxylophages mais qui se nourrissent, du moins pour le grand capricorne, sur des arbres encore vivants. Ils peuvent d’ailleurs causer de gros dégâts dans les chênaies de production en minant le bois avec leurs grandes galeries.

Victimes des infrastructures routières ou ferroviaires et de l’arrachage des haies, ces espèces, habitant souvent les vieux arbres, ont du mal à se maintenir si bien que certaines comme les capricornes se rabattent sur le bois … de nos charpentes ! Ce n’est pas par hasard si la plupart des insectes directement liés au bois mort ou en décomposition bénéficient d’une protection européenne. Le manque de bois morts dans nos forêts explique l’apparente rareté de ces insectes et l’importance de veiller à maintenir leurs populations.


Mise à jour de la page : 07/2011