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La nature à la une


Classification des chauves-souris


Arbre monophylétique de Haekel - Generelle Morphologie des organisem (1866)

La morphologie ambiguë des chauves-souris constitua un casse-tête durant plusieurs siècles pour les zoologistes. L'analogie du vol avec celui des oiseaux fut, par défaut, la première piste suivie par ceux qui ne voyaient dans les chiroptères que des anomalies de la nature. On les associa ensuite aux quadrupèdes, dans une forme intermédiaire entre oiseaux et mammifères.

C'est en définitive Linné, inventeur de la classification binominale qui intégra les chauves-souris chez les mammifères dans son œuvre majeure, « Systema Naturae » publié en 1758. Les seules 7 espèces décrites par Linné, virent leur nombre grandir ensuite assez rapidement grâce à de nombreux naturalistes courants à la découverte du monde et de ses richesses naturelles.

Au milieu du XIXe siècle, on connaît déjà plus de 330 espèces. Les chauves-souris sont désormais acceptées comme mammifères à part entière, et associées sur des bases morphologiques à d'autres espèces « aériennes » telles que les écureuils volants (qui ne font que planer, et n'ont pas d'ailes).

Aujourd'hui, on connaît plus de 1 200 espèces de chauves-souris sur notre planète et il est très probable qu'il en existe encore beaucoup à découvrir. L'utilisation désormais prédominante de la génétique moléculaire a grandement modifié la classification des chiroptères et leur phylogénie, c'est-à-dire les liens de parentés entre espèces et les modalités de leur évolution. C'est ainsi que l'on découvre de nouvelles espèces, même en Europe, une espèce donnant naissance à une ou deux autres taxons morphologiquement très proches. Cela fut le cas avec le murin d'Alcathoe décrit en 2001 et avec les oreillards, et des recherches sont en cours de différencier les espèces au sein du groupe « Murin de Natterer ».

Les deux sous-ordres des mégachiroptères et des microchiroptères semblent désormais dépassés et sont remplacés par deux nouveaux groupes : les Ptéropodiformes (5 familles, 58 genres, plus de 360 espèces) et les Vespertilioniformes (13 familles, 141 genres, plus de 800 espèces).

En France, ces deux sous-ordres sont représentés par 4 familles et 33 espèces. Mais tout ceci est amené à changer encore dans les années à venir.