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La nature à la une


Oreillard roux
Plecotus auritus


Oreillard roux - Plecotus auritus - Svetlik

Dans la démesure, les oreillards sont les champions et leur nom n'a rien d'un hasard. Car leurs oreilles dépliées représentent environs les deux tiers de la longueur de l'animal ! Peu pratique pour voler.

Mais pourquoi donc pareils appendices ? Il s'agit à l'évidence d'une adaptation à un mode de chasse rapproché qui voit les oreillards rechercher leur nourriture au plus près de la végétation en utilisant écholocation et surtout l'audition passive. Les immenses pavillons de leurs oreilles permettent en effet de saisir l'écho le plus ténu ou le son le plus infime trahissant le mouvement d'un insecte posé. Leurs larges ailes en font des chasseurs lents mais précis, capables de prospecter dans un environnement végétal complexe à la recherche de leurs proies. Ils utilisent volontiers le vol stationnaire et capturent les insectes sur la végétation ou au moment de leur envol.

Ce comportement est caractéristique de l'oreillard roux qui se distingue notamment de ses congénères par une consommation très diversifiée d'insectes dont plus de la moitié est capturée par glanage sur la végétation ou au sol. Une technique qui permet de s'affranchir de la fraîcheur nocturne qui paralyse les insectes. L'oreillard roux peut chasser toute la nuit et il est la chauve-souris qui commence sa quête d'insectes le plus tôt dans la saison. C'est une espèce résolument forestière et arboricole dans le choix de ses gîtes, qui s'installe très volontiers dans les gîtes artificiels. Sa morphologie en fait une espèce très sédentaire dont le rayon d'action de quelques centaines de mètres, peut atteindre, au besoin, 2 ou 3 kilomètres.

L'oreillard roux est réparti dans toute la région et assez fréquent dans la Vienne, même si son écologie ne facilite pas les observations. En hiver, on le trouve assez régulièrement, mais de façon isolée, dans les cavités souterraines.