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La nature à la une


Le syndrome du nez blanc, SNB (White Nose Syndrome, WNS)


Myotis lucifugus (Little-brown bat) présentant les symptômes de White Nose Syndrome
GreeleyMine - Marvin Moriarty - USFWS

Cette pathologie fut découverte en 2006, dans une cavité de l'état de New York aux États-Unis. Elle se présente sous la forme d'une mousse blanche, semblable à une moisissure, localisée principalement autour du museau des animaux, d'où son nom ! Il s'agit en fait d'un champignon nouvellement découvert et qui apprécie le froid : Geomyces destructans. C'est pour cette raison qu'il s'intéresse aux chauves-souris en hibernation dans des cavités souterraines.

En l'espace de 4 années cette étrange maladie a contaminé au moins 9 espèces de chauves-souris nord-américaines. Progressant rapidement vers l'est au rythme de 200 km par an le SNB est arrivé en 2010 au Canada et dans l'état de l'Oklaoma. Les scientifiques en charge de l'observation du phénomène estiment qu'il a déjà causé la mort de plus d'un million de chiroptères, occasionnant la disparition totale de plusieurs populations. Si la propagation se poursuit à ce rythme, l'existence de 25 espèces de chauves-souris est directement menacée en Amérique du nord. La contamination s'effectue de chauve-souris à chauve-souris, mais aussi par les humains qui visitent les cavités infectées. Il n'est pas encore établi clairement de quelle manière le champignon agit sur les chauves-souris, bien qu'il soit d'une façon ou d'une autre responsable de leur mort. Il semble qu'il puisse provoquer une forte déshydratation des animaux, qui les obligerait à de fréquents réveils hivernaux, provoquant l'épuisement rapide de leurs réserves de graisse brune, combustible de l'hibernation. Fortement amaigries, leurs défenses immunitaires ne seraient alors plus en mesure de les protéger contre la moindre infection.

En 2009, un grand murin affecté du SNB fut localisé dans une cavité française près de Périgueux. Les analyses ont permis d'identifier avec certitude G. destructans. Deux scénarios ont la faveur des scientifiques qui ont étudié ce cas : 1) en l'absence d'une forte mortalité, les chiroptères français sont immunisés, ce qui pourrait démontrer que le champignon est présent depuis longtemps. 2) le champignon n'est pas responsable de la mort des chauves-souris mais agit plutôt en symbiose avec un agent pathogène virulent tel qu'un virus ou une bactérie.

Les recherches menées en France sont bien sur particulièrement importantes pour la compréhension de cette pathologie et de son développement outre Atlantique, car le grand murin français est reparti vers de nouvelles aventures au sortir de l'hiver.