Categories: Autour de la nuit
Date: 22/05/12
Title: La courtilière
Courtillière - Miguel Gailledrat
Voilà encore une bizarrerie de la nature qui lui a d’ailleurs valu plusieurs noms. En lien avec des détails morphologiques qui rappellent la taupe (taupe-grillon), avec son régime alimentaire, sa faculté de couper les racines de plantes ou de percer le sol (laboureuse, perce chaussée, …).
Considérée depuis toujours comme l’ennemi des jardiniers, elle a fait face à une lutte acharnée qui a failli la faire disparaître. Encore aujourd’hui la courtilière est une espèce localisée dans le département. Elle s’accommode des sols légers, sableux et affiche une préférence marquée pour les terrains humides où la terre est travaillée et dans lesquels elle creuse un terrier à la manière des taupes. Ses préférences écologiques lui ont valu son nom vernaculaire puisqu’un courtil est un petit jardin en vieux français.
Très difficile à observer dans la nature, c’est son chant qui trahit sa présence. Pourvue de pattes antérieures fouisseuses à la manière des taupes, elle passe le plus clair de son temps sous terre dans les galeries qu’elle fore et dans lesquelles la femelle aménagera une loge pour pondre ses œufs. La courtilière ne passe pas par quatre chemins et ne contourne pas une racine qui lui ferait obstacle. Plutôt que de détourner sa route elle préfèrera sectionner la racine et continuer son périple. Cette particularité a d’ailleurs induit une fausse croyance selon laquelle elle se nourrissait principalement des racines de salades mais il n’en est rien, elle est presque exclusivement carnivore.
Écouter la courtilière :
C’est en mai-juin que la courtilière se fait moins discrète. La période des amours incite les mâles à faire entendre leur chant nocturne, résultat de la friction de ses ailes les unes sur les autres. Le néophyte s’y laissera d’ailleurs prendre, pensant avoir affaire à un crapaud calamite mais, bien vite, il se rendra compte de la supercherie.
Samuel Ducept