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Pesticides

épandage de pesticides

© Perceval's World- FlickR

Les pesticides abondamment utilisés depuis une cinquantaine d'années, principalement par les agriculteurs mais également par les collectivités et les particuliers, sont maintenant retrouvés dans tous les milieux naturels.

L'air que nous respirons, les rivières, les nappes d'eau souterraines et les sols contiennent des pesticides.

On peut parler de contamination généralisée, avec des conséquences évidentes sur la biodiversité et des conséquences sur la santé humaine que l'on commence à entrevoir, même si les relations de cause à effet sont plus longues et difficiles à mettre en évidence dans ce domaine.

Navigation rapide

dans ce dossier

1-Qu'appelle-t-on pesticides ?
2-Qui utilise des pesticides?
3-Que deviennent ces pesticides ?
4-Les conséquences de l'utilisation des pesticides
5-Les évolutions récentes dans l'utilisation des pesticides
6-Les propositions de Vienne Nature

 

Actus

 

Cliquez pour développer les brèves

  • Nouveau site E-Phy géré par l'ANSES, catalogue des produits phytos autorisés en France (2016)

 

  • Communiqué de presse de FNE (novembre 2015) : le seul moyen de réduire l'impact, c'est de réduire l'usage

 

 

  • Les nouvelles orientations du Plan ECOPHYTO

 

 

  • La campagne de la Société Nationale d'Horticulture de France "Jardiner autrement" avec le soutien de l'ONEMA

  • Merci pour les abeilles =>le Cruiser enfin interdit pour le colza

lire le communiqué de presse de FNE (juin 2012)

 La campagne choc de France Nature Environnement (2011) : voir les affiches

 

ainsi que...

- Charte régionale " Terre Saine -  votre commune sans pesticides"

- Des pesticides dans l'air de Poitiers ...et ailleurs en Poitou-Charentes : voir les études d' ATMO

- Juin 2009 --> Protection des eaux: arrêté préfectoral interdisant les traitements phytosanitaires sur les fossés, caniveaux et avaloirs

 - Novembre 2008 --> Conférence-débat "Les pesticides après le Grenelle"  dans le cadre du festival de Ménigoute avec Guy Paillotin, ancien directeur de l'INRA et rapporteur du plan Ecophyto 2018

-  EcoPhyto 2018: le rapport Paillotin fait l'unanimité

- Trafic de pesticides agricoles dans la Vienne:  le verdict du procès de St Gaudens est tombé

- Le Cruiser et les abeilles: le rapport 2007 de l'Afssa

ainsi que dans les archives Vienne Nature

-->  les documents présentés par les intervenants de la conférence "Pourquoi moins de pesticides?" du 24 octobre 2007 à  la Maison des Projets de Buxerolles (téléchargement possible)

 

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Le dossier

 

 

Qu'appelle-t-on pesticides?

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Les pesticides sont des produits qui permettent d'éliminer les végétaux ou les animaux considérés par l'homme comme indésirables.
On distingue les produits phytosanitaires, utilisés pour protéger les cultures, et les biocides, utilisés pour désinfecter et protéger les récoltes et par les particuliers contre les parasites.
Les pesticides sont classés en différentes catégories selon les effets attendus : herbicides, fongicides, insecticides, acaricides, molluscicides, nématicides, rodenticides,...
Tous ces produits sont commercialisés sous forme de préparations solides ou liquides dans lesquelles sont mélangés une ou plusieurs substances actives et des adjuvants.
On trouve sur le marché français plus de 5000 produits différents utilisant environ 500 substances actives différentes.

Législation sur la commercialisation des pesticides

Ces produits ne sont commercialisés en France que s'ils ont reçu une autorisation de mise sur le marché (AMM) délivrée pour 10 ans par le Ministère de l'Agriculture, après avis de l'Agence Française pour la Surveillance Sanitaire de l'Alimentation (AFSSA), et en application de la Directive européenne 91/414/CEE du 15 juillet 1991.
Depuis le 30 septembre 2000, les produits utilisables par les particuliers et jardiniers amateurs doivent obligatoirement porter la mention « usage autorisé au jardin ».(cf.arrêtés du 23 décembre 1999 et du 6 octobre 2004).
Toutes ces autorisations peuvent être vérifiées sur la base de données e-PHY du ministère de l'Agriculture.

Qui utilise des pesticides et en quelle quantité?

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On a utilisé en France 76000 tonnes de substances actives en 2004 (100 000 tonnes en 2000).

Notre pays est le premier utilisateur de pesticides en Europe (30% des quantités consommées) et le troisième au plan mondial.

Certains secteurs sont gros consommateurs comme par exemple la viticulture qui représente en France 20% du marché pour 3% de la Surface Agricole Utile (SAU).

 

Utilisation agricole des pesticides en France selon les cultures (comparée aux surfaces)
[source Ministère Agriculture 2005]

Graphique - utilisation des pesticides en agriculture
Dans la région Poitou-Charentes, comme d'ailleurs partout en France, les principaux usages sont agricoles, ils représentent 97 % des quantités utilisées dans la région.

En 2005 dans la région Poitou-Charentes, plus de 2500 tonnes de substances actives ont été utilisées par les agriculteurs ( environ 500 tonnes dans la Vienne) alors que les usages non agricoles n'en ont utilisé « que » 65 tonnes ( 2 tonnes pour l'entretien des routes et des autoroutes, 15 tonnes pour la SNCF, 24 tonnes pour les mairies et 24 tonnes pour les particuliers).

pesticides_région-Fredon

Source FREDON

On constate que certaines substances sont de plus en plus utilisées, comme par exemple le glyphosate qui est un herbicide (460 tonnes sur la région en 2005, soit environ 20% de la consommation totale).

Que deviennent ces pesticides?

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Selon les conditions d'utilisation, 20 à 40 % des pesticides épandus n'atteignent pas leur cible.
Les causes sont multiples : dérive lors de l'épandage (mauvais réglage du matériel, entraînement par le vent), revolatilisation des produits, entraînement par la pluie (ruissellement et infiltration) et par l'érosion.

On retrouve ainsi des pesticides dans tous les compartiments de l'environnement (air, eaux, sols), dans tous les écosystèmes terrestres et aquatiques où ils contaminent à des degrés divers plantes et animaux.

Bien entendu, on les retrouve aussi dans les produits alimentaires issus directement (céréales, légumes, fruits) ou indirectement (jus de fruits, vin, bière, lait, viande) des cultures traitées.

transfert_pesticides_Corpen

Source CPP-Corpen

Le suivi des pesticides dans l'environnement

Au niveau national, un Observatoire des Résidus de Pesticides (ORP) a été créé en 2006; il est administré par l' Agence Française de Sécurité Sanitaire et du Travail (AFSSET).
Les données sont rendues publiques mais avec un décalage dans le temps qui peut être important.
Plusieurs organismes officiels se partagent en Poitou-Charentes le suivi de la contamination de l'air et des eaux par les pesticides (ATMO, BRGM, DRAAF, ARS) et dès le Contrat de Plan 2000-2006, l'Etat et la Région Poitou-Charentes ont confié à l' Observatoire Régional de l'Environnement (ORE) la mission de mettre en place et d'animer un Réseau Partenarial des Données sur l'Eau (RPDE).

D'après le SOeS, Service des Observations et Statistiques du Ministère de l'Ecologie (anciennement IFEN, Institut Français de l'Environnement),
>la contamination des eaux naturelles par les pesticides est quasi généralisée.
Les analyses effectuées révèlent qu'en France 95 % des eaux superficielles ainsi que 50 % des eaux souterraines contiennent des produits phytosanitaires.
Dans le département de la Vienne par exemple, tous les affluents de la Vienne sont touchés par les pesticides, en particulier l'Ozon et l'Envigne.

Les dernières statistiques du Ministère de l'Ecologie sont consultables ici

Dans la région, la vulnérabilité de la ressource en eau vis à vis des pollutions diffuses par les nitrates et les pesticides est très importante. La dégradation continue et régulière de la qualité des eaux brutes constatée depuis les années 1970 a ainsi entraîné la mise hors service de 140 captages dans la région pendant la dernière décennie - 60 en Charente Maritime, 32 en Deux Sèvres, 26 en Charente et 4 en Vienne - (source DREAL)

>Des pesticides sont également présents dans l'air que nous respirons.
Les mesures effectuées par l'ATMO Poitou-Charentes, tout comme celles d'Air Parif en Ile de France, mettent en évidence une contamination de fond permanente, tant en ville qu'à la campagne, avec des pics plus importants correspondant, avec un décalage de quelques jours ou de quelques semaines , aux périodes de traitements agricoles.
Il faut noter qu'il n'existe actuellement aucune norme pour les pesticides dans l'air.

Le suivi des pesticides dans l'eau potable

L'ARS (Action Régionale de Santé) est chargée de la surveillance de l'eau potable distribuée.
La présence de pesticides est tolérée dans l'eau potable.
La réglementation fixe une limite de qualité à ne pas dépasser dans l’eau destinée à l’alimentation humaine : elle est de 0,1 µg/L par substance (molécule mère et métabolites de dégradation),sauf pour 4 pesticides (aldrine, dieldrine, heptachlore et heptachlorépoxyde), pour lesquels le seuil est abaissé à 0,03 µg/L. De plus, la concentration totale des pesticides mesurés doit rester inférieure à 0,5 µg/L.

Des limites de qualité sont également fixées pour les eaux brutes, superficielles et souterraines,
destinées à la production d’eau d’alimentation (2 µg/L par substance et 5 µg/L au total).
En 2003, 61 % des captages d'eaux brutes utilisées dans la région pour la préparation de l'eau potable contenaient des pesticides, 53 % dans la Vienne (source ARS)

Au cours de l'année 2004, environ 20 % de la population régionale (24 % en 2001) a été concernée par des dépassements de limites de qualité pour l'eau distribuée.

La gestion des non-conformités par l'ARS s’appuie sur les recommandations émises
le 7 juillet 1998 par le Conseil supérieur d’hygiène publique de France (CSHPF), qui sont en correspondance avec les dispositions fixées par la directive européenne 98/83/CE.
Des dérogations, basées sur une évaluation des risques, peuvent être octroyées de manière temporaire, à condition que la population en soit informée.

Le suivi des pesticides dans les denrées alimentaires

D'après le Règlement européen (CE) n° 396/2005 de février 2005, la présence de pesticides est tolérée dans les produits d'origine animale ou végétale destinés à la consommation humaine ou animale en s'assurant que les résidus de pesticides présents dans les aliments ne constituent pas un risque inacceptable pour la santé des consommateurs et des animaux.
On parle alors de :
- Limite Maximale de Résidu (LMR) dans les denrées commercialisées,
- Dose Journalière Admissible(DJA), exprimée en mg/kg de poids corporel/jour, qui fixe pour un individu la quantité maximale de substance active qu'il ne faut pas dépasser, en permanence, dans sa ration quotidienne; la DJA est établie à partir des études de toxicité long terme (2 ans) conduites sur des animaux de laboratoire,
- Dose de Référence Aiguë (ArfD), établie pour les molécules présentant une toxicité court terme qu'un individu ne doit pas dépasser au cours d'un repas ou d'une journée.
L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) est chargée d'évaluer les risques pour la santé à partir des données toxicologiques existantes et des habitudes de consommation et propose des LMR.

La DGAL (Ministère de l'Agriculture) et la DGCCRF (Consommation et Répression des Fraudes) se partagent en France la surveillance et le contrôle des denrées alimentaires.
L'ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l'Alimentation et de l'Environnement) (ex AFSSA) est chargée de l'évaluation des risques.

En 2004, 48 % des échantillons de fruits et légumes contrôlés en France contenaient des résidus de pesticides, 25 % des échantillons en contenaient plusieurs (jusqu'à 8 !) et 4 % étaient hors norme (dépassement de la LMR) dont 12 % des échantillons de fraises.

Les conséquences de l'utilisation des pesticides

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Les conséquences sur la biodiversité

Présents dans tous les écosystèmes, les pesticides se retrouvent dans les différents maillons des chaînes alimentaires affectant ainsi le comportement et la reproduction de nombreuses espèces vivantes.
Les entomologistes observent la raréfaction de nombreuses espèces de papillons et d'insectes butineurs qui jouent un rôle fondamental dans la pollinisation des plantes, en particulier des arbres fruitiers.
Les espèces dont le régime alimentaire est insectivore paient un lourd tribut ainsi qu'en témoigne la diminution de certaines espèces d'oiseaux, comme les hirondelles, ou d'espèces de chauves-souris.
Amphibiens, reptiles et poissons (dont l'anguille, particulièrement sensible) sont également touchés.
Les botanistes signalent la quasi-disparition de certaines plantes comme par exemple les messicoles, plantes des moissons, comme l'adonis, le pied d'alouette, le bleuet et la nielle.

Les traitements phytosanitaires répétés provoquent aussi un appauvrissement, moins visible mais bien réel, de la microfaune et de la flore microbienne des sols, diminuant ainsi leur fertilité.
Ils contribuent par exemple à la diminution des vers de terre dont le rôle est essentiel dans le maintien de la structure des sols et de la circulation de l'eau.
On estime qu'un sol sous prairie permanente comporte une dizaine d’espèces de vers différentes, ce qui équivaut à une biomasse de l’ordre d’une tonne par hectare et à une abondance de 200 vers par m². Le même sol exploité dans un système viticole voit son abondance en lombriciens diminuer et varier entre 1 et 70 individus par m². Dans les sols labourés des plaines céréalières, les populations sont encore plus faibles (1 à 10 vers par m², soit une biomasse de 50 kg par hectare).
Par ailleurs et paradoxalement, l'utilisation répétée des pesticides induit la prolifération de certains ravageurs des cultures qui deviennent résistants à certaines molécules actives, obligeant alors à augmenter les doses ou à trouver de nouvelles molécules.

Les conséquences sur la santé

Dans ce domaine, les professionnels, agriculteurs et agents des collectivités, sont les premiers concernés.
Les données sur la toxicité des phytosanitaires peuvent être consultées dans la base de données AGRITOX créée par l'INRA et administrée par l'ANSES.
Si toutes les précautions d'emploi ne sont pas respectées, une intoxication aigüe peut survenir.
Des maux de tête, nausées, maux de ventre, irritations cutanées ou oculaires, des difficultés à respirer sont fréquemment signalés.
«Un utilisateur de produits phytos sur cinq a ressenti des troubles au moins une fois dans l'année écoulée» comme que le montre l'opération « Phyt'Attitude » de la Mutualité Sociale Agricole (MSA).
En cas d'exposition chronique aux pesticides, les atteintes de la fonction de reproduction, les troubles neurologiques et les pathologies cancéreuses sont les effets sanitaires les plus fréquemment évoqués. Des études toxicologiques et des enquêtes épidémiologiques sont en cours qui permettront peut-être de confirmer la forte suspicion d'un lien causal pour certains types de cancers (tumeurs cérébrales, lymphomes,...) observés plus fréquemment chez les agriculteurs.
En 2006, la maladie de Parkinson a été, pour la première fois en France , reconnue par un tribunal de Bourges comme maladie professionnelle chez un ancien ouvrier agricole.

Dans la population générale, la question se pose également de savoir si la pollution diffuse par les pesticides, et par conséquent l'imprégnation des individus par ces substances, dont certaines sont reconnues comme C.M.R (cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques) pourrait être l'une des causes de l'augmentation importante et inexpliquée de la fréquence de certains cancers, en particulier chez des sujets jeunes, ou de la dégradation de la qualité du sperme observée depuis quelques années.

Les évolutions récentes dans l'utilisation des pesticides

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Longtemps niées ou minimisées, les conséquences de la pollution diffuse liée à l'utilisation massive des pesticides commencent à être mieux connues des professionnels et du grand public et des actions correctives commencent à voir le jour mais celles-ci sont encore largement insuffisantes.
Certes, les tonnages des substances actives utilisées en France ont un peu diminué depuis l'an 2000, certes de nombreuses substances toxiques et persistantes ont été interdites en agriculture (comme le lindane en 1998, l'atrazine en 2003,...) mais ces substances et leurs produits de dégradation sont toujours retrouvés couramment dans l'air, les sols et les eaux.
Et parmi les 4 à 500 molécules homologuées, il en reste encore environ une centaine qui sont classées C.M.R. ou qui sont immunotoxiques ou perturbateurs endocriniens.
Certes, l'agriculture biologique, qui n'utilise pas d'engrais ni de pesticides de synthèse, est une alternative maintenant reconnue officiellement et qui se développe ...mais encore trop modestement ( à peine 2 % de la SAU en Poitou-Charentes comme en France, à comparer avec les 8 % de l'Italie, de la Finlande et de la Suède ou les 13 % de l'Autriche) et pour satisfaire la demande des consommateurs, la France est obligée d' importer des produits biologiques.
Au niveau national, prenant en compte les résultats d'une expertise collective réalisée en 2005 par l'INRA (Institut National de Recherche Agronomique) et le CEMAGREF (Institut de recherche pour l'ingénierie de l'agriculture et de l'environnement), un Plan interministériel de réduction des risques liés aux pesticides (PIRRP) a été lancé pour la période 2006-2009.
Pour l'Etat : « Ce plan vise à réduire l'utilisation des pesticides et les risques qu’ils engendrent sur le plan sanitaire pour les utilisateurs de produits et les consommateurs de denrées, ainsi que leurs effets potentiels sur les différents compartiments de l’environnement (eau, air, sol) et la biodiversité. Un des objectifs de ce plan est de réduire de 50% d’ici 2009, les quantités de substances actives vendues les plus dangereuses. Il s’inscrit dans la poursuite du plan interministériel lancé en 2000 par les ministres en charge de l’agriculture et de l’environnement à travers les travaux des Groupes régionaux de lutte contre les pollutions par les produits phytosanitaires (GRAP) en renforçant les actions déjà entreprises dans ce cadre ainsi que par la profession. »

En cohérence avec ce plan interministériel,  un Plan Régional de Réduction des Pesticides (P2RP) a été mis en place en Poitou-Charentes.

 

Des initiatives intéressantes mais encore fragmentaires ont vu le jour:
- la démarche "Re-Sources", initiée en 2002 pour reconquérir les ressources en eau dans les bassins d'alimentation de captage d'eau potable, s’est concrétisée par la signature en 2005 d'une convention-cadre multipartenariale pour un programme pluriannuel d' animation, de diagnostic et d'actions concernant 14 sites pilotes (2 sites dans la Vienne) (source RPDE).
- la gestion des déchets liés à l'utilisation des pesticides s'est améliorée et la récupération des emballages vides de produits phytosanitaires (EVPP) et de produits phytosanitaires non utilisables (PPNU) est pratiquée depuis quelques années sur la région. Cette filière nommée ADIVALOR, également destinée aux professionnels non agricoles, devra être généralisée pour être efficace.
- des formations accessibles aux professionnels non agricoles sont proposées par la FREDON (Fédération Régionale de Défense contre les Organismes Nuisibles) en collaboration avec le Ministère de l'Agriculture par le biais du CNFPT (Centre National de la Fonction Publique Territoriale).
- dans la Vienne, le Conseil Général, pour les routes, et quelques communes, comme Poitiers qui pratique une gestion différenciée de ses espaces verts, ont diminué les quantités de pesticides utilisées en privilégiant l'entretien mécanique.

Le Plan National ECOPHYTO 2018 mis en place en 2009 est décliné en Région Poitou-Charentes; il s'est fixé comme objectif la réduction de 50% des quantités de pesticides utilisées tant dans les zones agricoles que dans les zones non agricoles (ZNA).

Début 2015, devant l'échec annoncé de ce plan, le Gouvernement a proposé de nouvelles orientations dans un Plan "ECOPHYTO 2" qui propose un objectif de réduction en deux temps:  de 25% d'ici 2020 puis de 50% d'ici 2025.

Les propositions de Vienne Nature

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Elles reprennent en grande partie celles de France Nature Environnement que l'on peut retrouver dans.le cahiers de propositions de FNE pour le Grenelle de l'Environnement ainsi que dans les documents de la campagne « Pesticides: stop ou encore? » initiée en 2006 par FNE en accompagnement du plan interministériel.
Pour les usages non agricoles, il faudrait:
- réduire de façon drastique les quantités de pesticides employées et bannir les pesticides classés C.M.R.
- pour les collectivités, former le personnel à la gestion différenciée des espaces verts et à des techniques d'entretien de la voirie permettant d'abandonner l'emploi des pesticides
- pour les jardiniers amateurs, populariser les pratiques et les produits respectueux de l'environnement, de la biodiversité et de la santé.

Pour les usages agricoles, il faut tendre le plus rapidement possible vers une agriculture durable, c'est-à-dire socialement, économiquement et environnementalement acceptable, une agriculture qui n'aurait plus grand chose à voir avec l'agriculture actuellement dominante, en grande majorité productiviste, polluante et peu respectueuse de la biodiversité, ni même peut-être avec l'agriculture dite « raisonnée » que s'efforce de promouvoir depuis 1993 l'Union des Industriels des Produits Phytosanitaires (UIPP) par l'intermédiaire de l'association Farre.
Au minimum, il faudrait dans un premier temps:
- retirer immédiatement du marché tous les pesticides toxiques classés C.M.R. c'est-à-dire cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques et les perturbateurs endocriniens
- réduire de moitié en 5 ans l' utilisation des autres pesticides (en nombre de traitements par hectare et par an par exemple) et interdire les épandages aériens
- encourager la recherche agronomique pour développer la lutte intégrée dans laquelle l'emploi de produits chimiques est limité au strict nécessaire, privilégiant par exemple les insectes auxiliaires des cultures
- augmenter de façon conséquente les aides à l'agriculture biologique de façon à lui permettre d'atteindre 10% de la SAU d'ici 5 ans
En guise de conclusion, citons un rapport de la FAO (Food and Agriculture Organization),organe de l'ONU, présenté en mai 2007 à Rome lors de la conférence internationale « Agriculture biologique et sécurité alimentaire » : « Des modèles récents suggèrent que l’agriculture biologique a le potentiel de satisfaire la demande alimentaire mondiale, tout comme l’agriculture conventionnelle d’aujourd’hui, mais avec un impact mineur sur l’environnement ».

Les sites ou documents intéressants

pour approfondir le sujet:

Le site de France Nature Environnement

la France est le 3ème consommateur mondial de pesticides et le 1er consommateur européen .
Alimentation, eau, air, sol, milieux, les pesticides sont aujourd’hui partout et de plus en plus d’études en montrent les conséquences pour la santé des agriculteurs et de la population en général.
Face à cette contamination généralisée par les pesticides, notre fédération nationale France Nature Environnement a lancé dès 2006 une large campagne de mobilisation.

FNE a participé activement aux travaux du Grenelle de l'Environnement et agit avec opiniâtreté pour  une réduction effective de 50% de l'utilisation des pesticides d'ici 10 ans

FNE_pesticides_pomme

 

L'évolution de la réflexion officielle sur l'utilisation des pesticides :

le rapport d'expertise INRA-CEMAGREF de 2005
le Plan Interministériel 2006-2009

Deux bases de données très complètes pour tout savoir :

sur  la toxicité des pesticides (base Agritox)
sur  les autorisations d'utilisations (base E-Phy)

La réduction des pesticides dans la Région Poitou-Charentes :

le GRAP ainsi que la charte " Terre saine Poitou-Charentes- Votre commune sans pesticides "

Autres liens:

Liens d'organismes régionaux:  ARS / DREAL / DRAAF / MSA-Phyt' Attitude / ATMO

Liens d' organismes nationaux: SOeS(ex IFEN)/ BRGM / INRA / SPV / ANSES (ex AFSSA)

 

Liens associatifs:  Générations Futures (ex MDRGF) /   Réseau Agriculture Durable RAD

 

...et ceux du lobby des pesticides UIPP / FARRE / UPJ

 

 

 

 

 

 

  • Archives de Vienne Nature:

Conférence-débat 2007 " Pourquoi moins de pesticides ? "

Vous pouvez retrouver ci-dessous les interventions des participants à la conférence organisée par Vienne Nature et  l'association Flore et Art, le 24 octobre 2007 à la Maison des Projets de Buxerolles(86)

- Intervention de Noémie Gonzalez Noémie Gonzalez de l'Espace Réaumur (fichier pdf - 2,3 Mo)

- Intervention de Madame Dutartre Sylvie Dutartre du GRAP (fichier pdf - 200 ko)

- Intervention du Professeur Mura Dr Patrick Mura toxicologue au CHU de Poitiers (fichier pdf - 332 ko)

- L'intervention de Michel Merlet, chef du service des Espaces Verts de la ville de Poitiers est disponible sur CD au local de Vienne Nature

 

 

L'ACTUALITE:

 

  •  Communiqué de presse de FNE (novembre 2015) : le seul moyen de réduire l'impact, c'est de réduire l'usage

 

 Signy, un petit village poitevin sans histoires, entre les vignes du Haut-Poitou et les étendues céréalières du Neuvillois....

  • Début 2015, devant l'échec annoncé du plan ECOPHYTO 2018, le Gouvernement a proposé de nouvelles orientations dans un  "ECOPHYTO 2" qui propose un objectif de réduction en deux temps:  de 25% d'ici 2020 puis de 50% d'ici 2025.

 


  • Merci pour les abeilles =>le Cruiser enfin interdit pour le colza

lire le communiqué de presse de FNE (juin 2012)

  • La campagne choc de France Nature Environnement (2011): voir les affiches

 

  • L'INRA publie les résultats de son étude Ecophyto R&D (janvier 2010)

Débutée en 2007, cette étude a exploré les voies de réduction des pesticides dans 4 filières: grandes cultures, arboriculture fruitière, viticulture et cultures légumières.Il semble tout à fait possible pour certains types de culture de réduire d'au moins 30% l'utilisation des pesticides sans réduction notable de rendement et surtout sans réduction du revenu global pour l'agriculteur.Consulter en ligne la totalité des  résultats sur le site de l'Inra

  • Un arrêté préfectoral pour protéger les eaux (juin 2009)

Sur proposition du GRAP Poitou-Charentes, les Préfets des quatre départements ont pris les dispositions nécessaires pour interdire tout traitement phytosanitaire sur le réseau hydrographique, même à sec, qui n’apparaît pas sur les cartes IGN 1/25000, comprenant fossés, collecteurs d’eau pluviales, les points d’eau ainsi que les puits, forages, avaloirs, caniveaux et bouches d’égout.

Tous les utilisateurs de pesticides (désherbants, fongicides, insecticides) sont concernés : particuliers, agriculteurs, collectivités, et entrepreneurs.

Afin d’assurer une information maximale des différents applicateurs, notamment les particuliers, l’affichage de l’annexe des arrêtés préfectoraux présentant les conditions d’utilisation des produits phytosanitaires est rendu obligatoire dans tous les points de vente.Les distributeurs de produits phytosanitaires à usage amateur (hypermarchés et supermarchés, magasins de bricolage, jardineries) sont concernés par cette obligation d'affichage...Exigez-la!

  • La pétition de France Nature Environnement pour l’interdiction du Cruiser et l’application immédiate du plan Ecophyto 2018

Au nom du principe de précaution, avec FNE nous demandions :

- d’interdire immédiatement le Cruiser (plus d'info sur ce pesticide en bas de page) ;
- de mettre en œuvre, sans retard et avec la plus grande vigilance, le plan Ecophyto 2018 issu du Grenelle de l’environnement, qui prévoit la réduction de 50% de l’usage des pesticides.

Cette pétition a été envoyée au Ministre de l’agriculture, au moment de l’Assemblée générale de France Nature Environnement.

 

=> Juin 2012 Le Cruiser enfin interdit!

lire le communiqué de presse de FNE

 

  • La charte régionale "Terre saine Poitou-Charentes - votre commune sans pesticides" (présentée le 4 février 2009 à Nouaillé-Maupertuis)

Découvrez la charte sur le site internet dédié Terre saine Poitou-Charentes

  • Trafic de pesticides agricoles dans la Vienne...et ailleurs en France : le verdict du procès de St Gaudens est tombé le 20 novembre 2008
le Tribunal correctionnel de Saint-Gaudens a condamné l'insouciance
Il a rendu le jeudi 20 novembre sa décision dans l'affaire du commerce et des publicités illicites de plus de 80 pesticides. Sur les 16 prévenus, 15 ont été condamnés (deux d’entre eux bénéficiant d'une relaxe partielle) et le dernier prévenu a bénéficié d’un renvoi. Par ce jugement sans précédent, les associations de protection de l'environnement parties civiles se félicitent de l'aboutissement de leurs actions.
 

France Nature Environnement, Eau & Rivières de Bretagne (Bretagne), Nature Comminges (31), Sauvegarde de l’Anjou (49), Uminate (Midi-Pyrénées) et Vienne Nature (86) saluent cette décision qui, en infligeant des amendes comprises entre 1500 et 5000 euros, condamne les négligences et insouciances dans le commerce et la publicité de produits dont la dangerosité pour l'environnement et la santé n'est plus à démontrer.

Pour Raymond Léost, Vice-Président de FNE : « Il est urgent de remettre à plat le système de distribution des produits toxiques utilisés dans l’agriculture. En effet, les distributeurs de ces produits nocifs sont en même temps les conseillers des agriculteurs. Il faut que le monde agricole prenne conscience très rapidement du fait que ces produits phytosanitaires ne sont pas des compléments agricoles banals mais des produits dangereux pour la qualité de l’eau, la biodiversité et les sols ».

Dans le prolongement de ces condamnations plus que symboliques, les associations de protection de la nature et de l’environnement insistent de nouveau sur la nécessité pour les pouvoirs publics de prendre en compte les propositions qu’elles ont formulées dans le cadre du « Grenelle de l’environnement ».

Elles demandent plus particulièrement au Gouvernement et au Parlement d’être fermes sur le retrait des produits les plus préoccupants pouvant être substitués et sur la réduction de moitié des usages des phytosanitaires en accélérant la diffusion des méthodes alternatives. Elles demandent enfin la mise en place d’un système étatique de contrôle qui soit efficace.

 

un authentique réseau devant la justice

 

Le point de départ de cette affaire remonte au constat, courant 2001 et 2002, d’une surmortalité d’abeilles dans les ruchers des départements du Gers et de la Haute-Garonne. Après enquête, la gendarmerie nationale découvre 39 tonnes de produits non autorisés en France, dont 3 tonnes de produits toxiques ! La vente de ces produits ne s’est pas limitée à ces deux départements. C’est un véritable réseau qui a été démantelé par les enquêteurs.

Au terme de cinq ans et demi d'instruction, 16 chefs d’entreprise, négociants agricoles, responsables de coopératives, ont comparu du 29 septembre  au 7 octobre  2008 devant le Tribunal correctionnel de Saint Gaudens pour mise sur le marché et importation de pesticides sans autorisation, vente de produits toxiques interdits, publicité commerciale pour des pesticides interdits

 

  • Conférence-débat organisée par Poitou Charentes Nature à Ménigoute: "Les pesticides après le Grenelle"

Guy Paillotin, ancien directeur de l'INRA et rapporteur du plan Ecophyto 2018, a participé le mercredi 27 octobre 2008  à une conférence-débat "Les pesticides après le Grenelle" organisée par Poitou-Charentes Nature dans le cadre du festival de Ménigoute (Deux-Sèvres) et relayée par Radio Accords.

Toute les infos et l'enregistrement de la conférence sur le site de Poitou Charentes Nature

  • EcoPhyto 2018: le rapport Paillotin fait l'unanimité

Suite du Grenelle de l'Environnement, les conclusions du rapport Paillotin pour une réduction de l'utilisation des pesticides semblent faire l'unanimité, des professionnels de l'agriculture jusqu'aux associations environnementalistes. Lire le rapport Paillotin

  • Des pesticides dans l'air de Poitiers ...et ailleurs en Poitou-Charentes

ATMO Poitou-Charentes a mis en ligne  les résultats du suivi des pesticides dans l'air 

  • Non au Cruiser, sauvons les pollinisateurs !

En 2011, le Ministre de l’agriculture s’apprête à renouveler l’autorisation de mise en vente du pesticide dénommé "Cruiser". A l’occasion de la journée d’action organisée par les défenseurs des abeilles, France Nature Environnement rappelle sa vigilance sur ce dossier et demande à Michel Barnier de ne pas renouveler l’autorisation de cet insecticide.

Le Cruiser (Thiaméthoxam) est un insecticide toxique pour le système nerveux humain et comportant des risques majeurs pour les abeilles. Il est utilisé en enrobage de semences de maïs depuis janvier 2008 en France. Ce produit est classé "dangereux pour l’environnement" et officiellement reconnu "dangereux pour la qualité de l’eau, très toxique pour les organismes aquatiques, dangereux pour les abeilles, pour les oiseaux et pour les mammifères sauvages".
L’AFSSA*, Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments, a reconnu les risques de ce produit pour les abeilles, et demandé de nombreuses contraintes d’utilisation (faible densité de semis, utilisation une année sur trois, etc.). En réalité, ces contraintes sont non seulement difficilement applicables mais surtout très difficilement contrôlables.
Ces dernières années, de fortes chutes des effectifs de pollinisateurs ont été constatées partout dans le monde. Nous rappelons que la survie et l’évolution de plus de 80% des espèces végétales dépendent directement de la pollinisation par les insectes et notamment par les différentes espèces d’abeilles (plus de 1000 espèces en France en comptant les espèces domestiques). En effet, sans abeilles, nous n’aurons plus de fruits, plus de légumes, plus de fleurs, plus de biodiversité dans nos campagnes, sans oublier que les effets visibles sur les abeilles sont souvent indicateurs d’effets invisibles mais néfastes sur le système nerveux et la fertilité de l'homme.
Dans les pays industrialisés comme la France, ces populations de pollinisateurs sont en déclin et de nombreuses espèces sont menacées. En effet, l’élimination de leurs sites de nidification (disparition des haies et remembrements, urbanisation...), la raréfaction des plantes qui leur fournissent nectar et pollen (liée à la monoculture et l'utilisation d'herbicides) ainsi que les épandages de pesticides sont autant de facteurs qui contribuent à éliminer ces pollinisateurs.
Pour Jean-Claude Bévillard, chargé des questions agricoles à FNE : « Le renouvellement de l’autorisation de mise en vente du "Cruiser" serait extrêmement néfaste pour la survie des pollinisateurs. FNE demande au Ministre de renoncer à cette autorisation. »
Consulter l'avis de 2007 de l’AFSSA :
www.afssa.fr/Documents/DIVE2007ha3845.pdf
www.afssa.fr/Documents/DIVE2007sa0393.pdf

 

  • Nouveau pesticide, nouveau risque pour les abeilles ?
    France Nature Environnement demande
    l'application du principe de précaution

cruiserAlors que, en application des décisions du Grenelle, le plan de réduction des usages de pesticides est en cours d'élaboration, le Ministère de l'agriculture a annoncé  aux associations environnementales présentes au Grenelle son intention d'autoriser l'insecticide Cruiser (produit par la société Syngenta) en enrobage de semences de maïs. La molécule active de ce pesticide, le thiaméthoxam, appartient à la même famille que celles présentes dans le Régent et le Gaucho. France Nature Environnement saisit le Ministère de l'agriculture pour lui demander d'appliquer le principe de précaution et de surseoir à cette autorisation dans l'attente de preuves complémentaires concernant l'absence de risque de ce type d'usage de la molécule vis-à-vis des abeilles (adultes et larves) et des espèces non cibles (FNE  4 décembre 2007)

Les substances actives présentes dans le Régent (fipronil), le Gaucho (imidaclopride), le Poncho (clothianidine) et le Cruiser (thiaméthoxam) appartiennent à la même famille d'insecticides systémiques utilisés en enrobage de semences. Bien que leur toxicité vis-à-vis des abeilles soit très officiellement reconnue, elles sont homologuées au niveau européen. La France a justement été le seul pays européen à retirer l'autorisation d'usage du Régent et du Gaucho en enrobage de semences de maïs. Elle s'apprête également à refuser l'autorisation du Poncho. FNE regrette l'absence de communication de l'avis de l'AFSSA et considère que les retours d'expérience exposés en réunion par le Ministère sont insuffisants à ce stade pour autoriser ce produit en France.

Le Ministère de l'agriculture doit, certes, faire face à une forte pression de la part de maïsiculteurs confrontés à un parasitisme croissant des cultures. Mais pour FNE, le problème de fond reste la monoculture de maïs, qui est une aberration sur le plan agronomique à l'origine de la dépendance de cette culture aux pesticides.

Pour Claudine Joly, référente agricole de France Nature Environnement : « La France a, vis-à-vis du Gaucho, du Régent et du Poncho, une position originale et courageuse que nous saluons. Nous lui demandons de rester dans cette logique en refusant l'autorisation du thiaméthoxam. FNE demande également que la monoculture de maïs soit enfin remise en cause et que les techniques alternatives à l'usage des pesticides soient promues, en particulier la rotation des cultures. »


Mise à jour de la page : 02/2017