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Autres rongeurs aquatiques

 

 

Depuis 15 septembre 2012 le Campagnol amphibie change de statut et rejoint le club des espèces protégées sur le plan national. À cette occasion, Vienne Nature a édité une plaquette 4 pages qui présente l'espèce.

Librement téléchargeable au format pdf.

 

 

 

RAGONDIN Myocastor coypus (Molina, 1782)

Autres noms : Nutria, Myopotame, Myocastor, Castor du Chili, Castor de la Plata, Castor des marais.

origine : espèce introduite d’Amérique du sud (sud Brésil, Paraguay, Uruguay, Bolivie, Argentine, Chili).

histoire et répartition :

Le Ragondin est importé en France à la fin du XIXème siècle (1882) pour l’exploitation de sa fourrure, assez semblable à celle du Castor. Après une période faste, de nombreux élevages périclitent durant la crise économique des années trente. Beaucoup d’animaux s’échappent alors ou sont lâchés dans la nature. La colonisation du territoire débute dans les années 1940-1950, mais prend son véritable essor au début des années 70 avec l’explosion démographique de l’espèce. Le Ragondin est aujourd’hui présent dans tous les départements français, à l’exception des reliefs et de la Corse. Dans la Vienne, il apparaît début 80 et occupe rapidement tous les secteurs du département.

ÉCOLOGIE ET BIOLOGIE

habitat :

Espèce semi-aquatique. Il fréquente les eaux courantes calmes et les eaux stagnantes, riches en végétation aquatique. Même les pièces d’eau de petites dimensions sont fréquentées. Il creuse un terrier dans les berges ou construit un nid d’herbes sèches.

DESCRIPTION ET DÉTERMINATION

Taille : corps, 40-60 cm ; queue, 30-40 cm. Poids : 5-10 kg (moy. 6-6,5 kg). Dentition : 20 dents.

ragondin

Gros rongeur à la silhouette massive. Fourrure brun foncé plus claire sur le ventre (il existe des individus albinos). Les oreilles, petites, sont bien visibles. La queue est cylindrique, écailleuse, peu velue. Les moustaches sont blanches tout comme le bout du museau et le menton. Les yeux ont la pupille fendue verticalement. Les incisives, toujours visibles, sont orange-rouge chez les adultes. Palmure, reliant quatre des cinq doigts des pattes postérieures, absente aux pattes antérieures. Les tétines de la femelle se situent sur les côtés du dos de l’animal (dorsaux latéraux). Sur terre : la démarche est lourde, l’aspect « bossu ». Court et plonge bruyamment en cas de danger. Dans l’eau : la tête et les reins sont visibles, alors que les épaules sont, en général, sous la ligne de flottaison. Plonge très bien. S’immobilise devant un danger.

statut de protection.

Le ragondin est une espèce chassable et susceptible d’être classée nuisible. Il peut causer des dégâts sur les cultures, les plantations et les berges.

RAT MUSQUÉ Ondatra zibethicus (Linné, 1766).

Autres noms : Ondatra, Loutre d’Hudson.

origine : espèce introduite d’Amérique du nord (l’appellation Ondatra est issue de la langue huronne).

histoire et répartition :

Le Rat musqué fut importé en Europe (Tchécoslovaquie, 1905) pour l’exploitation de sa fourrure. Son introduction en France, dans le nord et l’est, date de 1925. Quelques années plus tard, il entame la colonisation du territoire, à partir de lâchés accidentels ou volontaires, consécutifs à la faillite des élevages. En 1955, il occupe une grande partie du Bassin parisien ainsi que le nord-est. En 1961, il est présent partout au nord de la Loire. En 1968, sa répartition couvre une grande moitié nord du pays, et, aujourd’hui, on le trouve dans la plupart des départements français. Le nord de la Vienne est atteint dans le milieu des années soixante, et, en 1975, on note de florissantes populations de Rats musqués dans les étangs du sud. Au plus, une dizaine d’années aura suffit à l’espèce pour traverser le département. La compétition avec le Ragondin à partir de 1980 s’est faite au détriment du Rat musqué, dont la population locale semble désormais plus clairsemée et discrète.

ÉCOLOGIE ET BIOLOGIE

habitat :

Espèce semi-aquatique. Eaux courantes et stagnantes riches en végétation aquatique. Il n’est pas gêné par un courant modéré. Creuse des terriers dans les berges et construit des huttes en eaux stagnantes. Ces huttes ne sont plus observées dans la Vienne.

DESCRIPTION ET DÉTERMINATION

Taille : corps, 30 - 35 cm, queue, 20 - 25 cm. Poids : 1 - 1,5 kg. Dentition : 16 dents.

Rongeur de taille moyenne, à la silhouette compacte, ressemblant à un gros campagnol. Fourrure brun foncé (plus sombre que celle du ragondin), grisâtre sur le ventre. Oreilles petites peu visibles. La queue est aplatie latéralement, écailleuse, peu velue, noirâtre. Moustaches sombres. Pupilles rondes. Les incisives sont jaune-orange chez les adultes. Les pattes postérieures sont partiellement palmées. Les orteils sont bordés de poils raides.

Sur terre : démarche souple et rapide. Creux des épaules peu marqué. Dans l’eau : la partie postérieure du corps est enfoncée. La queue qui sert de gouvernail est visible et laisse un sillon caractéristique à la surface. Plonge très bien.

statut de protection.

Le rat musqué est une espèce chassable et susceptible d’être classé nuisible. Il peut causer des dégâts sur les cultures, les plantations et les berges.

CAMPAGNOL AMPHIBIE Arvicola sapidus (Miller, 1908).

Autre nom : Rat d’eau.

origine : espèce indigène.

Répartition :

Le Campagnol amphibie est un endémique européen dont la répartition est limitée à la France et à la péninsule ibérique. En France, il est absent de la Corse, du Nord, de la Lorraine, de l’Alsace, de la Franche-Comté et du nord des Alpes. Dans le Nord, il est remplacé par la forme aquatique du Campagnol terrestre Arvicola terrestris. Assez commun dans son aire de répartition, le Rat d’eau a souffert de la colonisation des milieux qu’il occupe par le Rat musqué puis le Ragondin. Probablement présent dans tout le département de la Vienne, sa répartition mériterait d’être précisée.

ÉCOLOGIE ET BIOLOGIE

habitat :

Espèce semi-aquatique fréquentant les eaux courantes lentes, les eaux stagnantes et les canaux d’irrigation avec une végétation riveraine dense. Il creuse un terrier dans les berges.

DESCRIPTION ET DÉTERMINATION

Taille : corps, 17-22 cm ; queue, 11-13 cm. Poids : 150-280 gr. Dentition : 16 dents.

Silhouette arrondie et compacte, typique d’un campagnol. Pelage brun foncé dessus, plus clair sur les flancs et grisâtre dessous. Petites oreilles cachées dans le pelage. Queue assez longue. Pas de palmures aux pieds. Sur terre : se déplace aisément au bord de l’eau, entre les racines des arbres riverains. Dans l’eau : nage rapidement et plonge très bien. Ligne de flottaison assez haute lorsqu’il nage en surface, laissant apparaître toute la partie supérieure de l’animal.

statut de protection.

Le Campagnol amphibie bénéficie d'une protection au niveau national, il est considéré comme vulnérable sur la liste rouge mondiale, quasi menacé sur la liste rouge nationale.

RAT SURMULOT Rattus norvegicus (Berkenhout, 1769).

Autre noms : Rat gris, Rat d’égout, Surmulot.

origine : aujourd’hui cosmopolite, cette espèce est originaire d’Asie orientale.

histoire et répartition :

Les premières apparitions du Surmulot en Europe remontent au XVIème siècle, mais la colonisation du continent commencera plus tard. Après le franchissement de la Volga vers l’ouest, en 1727, le rongeur est signalé en Allemagne vers 1750 et arrive à Paris en 1753. Vivant au contact de l’homme, l’expansion du Surmulot est facilitée par les transports maritimes qui lui permettent d’accéder rapidement au Danemark (Copenhague, 1716), en Angleterre (1728) et aux Etats-Unis (1769). L’espèce est aujourd’hui présente dans le monde entier.

En France, il est rare en Corse, et semble moins abondant dans la région méditerranéenne que dans le reste du pays.

ÉCOLOGIE ET BIOLOGIE

habitat :

Commensal de l’homme, l’essentiel des populations s’installe à proximité des activités humaines. Dans les agglomérations, il fréquente de préférence les étages inférieurs des bâtiments : caves, égouts, canalisations. Il occupe les dépôts d’ordures, les entrepôts, les abattoirs, où la nourriture est abondante. La présence d’eau est nécessaire à l’installation de l’espèce. C’est pourquoi on le trouve fréquemment le long des rivières et des canaux, surtout s’ils sont pollués et à proximité d’habitations. Il creuse des terriers dans les berges et les digues. Rien ne lui résiste, pas même le béton.

DESCRIPTION ET DÉTERMINATION

Taille : corps, 21-29 cm, queue, 17-23 cm. Poids : 250-550 gr. Dentition : 16 dents.

Allure typique de rat, corps et tête allongés, aspect robuste. Pelage variant du brun-gris au brun noirâtre, plus clair dessous. Les oreilles sont grandes. La queue, nue et annelée, est longue, mais plus courte que le corps. Sur terre : se déplace avec agilité. Saute et court rapidement. Dans l’eau : plonge et nage bien. La silhouette est plus allongée que celle du Campagnol amphibie, les oreilles dépassent de la tête.

statut de protection.

Néant


Mise à jour de la page : 01/2014