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Frelon asiatique - espèce invasive

Un envahisseur nommé « Vespa velutina » ou le frelon asiatique est supposé être originaire de Chine, il aurait débarqué en France caché dans un chargement de poteries chinoises ou par des bateaux acheminant du bois d’Asie.
Largement répandu dans le Sud-Ouest il a été également signalé dans le sud de la Vienne.

Identification

Le frelon asiatique est facilement distinguable du frelon européen par sa taille et sa couleur. L’adulte mesure environ 30 mm de long, son thorax est brun foncé et son abdomen présente des segments gastriques bordés d’une fine bande jaune, seul le 4e segment de l’abdomen porte une large bande jaune orangé.

Nidification

Le frelon asiatique nidifie principalement dans la frondaison des arbres (50 %) et sous des abris aérés (hangar, grange… (30 % )). Il utilise également des murs et des arbres creux.
Généralement, les ouvrières façonnent un nid en forme de sphère (légèrement plus haut que large) dépassant souvent 40 cm de diamètre. Les plus gros sont piriformes. L’enveloppe extérieure du nid est composée de papier mâché (5 à 6 feuilles), ces feuilles sont espacées par un vide d’air de 5 à 10 mm environ, l’épaisseur moyenne est de 45 mm.
Habituellement, le nid dispose d’une seule entrée située à mi-hauteur pour les nids des anciennes colonies, en dessous pour les très jeunes nids. Cette entrée est formée d’un ouverture de 1,5 cm de diamètre, protégée par un auvent de papier mâché. Progressivement les nids grossissent du printemps à l’automne, lentement jusque début juillet, ensuite ils augmentent de 4 à 6 cm de diamètre par semaine. Fin octobre, à sa taille définitive, le nid se compose alors de 6 à 7 étages de couvain, appelés gâteaux de cellules ou strates qui renferment le couvain. En pleine activité, la population de frelons à l’intérieur de nid varie de 1200 à 1800 individus.
Les nids de frelons asiatiques ont toujours été repérés à 150 m maximum d’un point d’eau permanent (les fondatrices ont besoin d’eau pour construire leur nid).

Répartition connue du frelon asiatique dans la Vienne au 31/01/2012

Répartition du frelon asiatique dans la Vienne

Période de ponte

L’implantation d’un jeune nid et la ponte s’effectuent à la sortie d’hivernage des fondatrices (de début février à mai). Les conditions climatiques sont déterminantes, les nids construits ne résistent pas au froid, il faut que la reine ait de la nourriture en quantité suffisante.

Hivernage

La colonie est amenée à disparaître à la fin de son année de vie. Pour passer l’hiver, les jeunes reines fécondées se dissimulent dans un endroit abrité (troncs pourris, talus moussus, tas de bois, murs de pierres sèches…).

Prédateurs naturels

Apparemment on ne connaît pas encore de prédateurs de cet insecte, on parle toutefois de pics verts, de geais, pillant des nids (en période de déclin de la colonie en hiver), de mésanges mangeant les dernières larves. On a pu observer des scènes de pillage entre différentes colonies, en période estivale.

Régime alimentaire

Il est composée à 80 % d’abeilles en zone urbaine et de 45 à 50 % en zone rurale. Le reste se compose de chenilles, papillons, mouches et araignées. En fin de saison, ils sont aussi attirés par les fruits mûrs.
Deux types de besoins alimentaires sont nécessaires à la colonie de ces frelons : glucidiques pour les dépenses énergétiques des adultes et protéiniques (dont les abeilles) pour l’élevage du couvain.

Danger pour les abeilles

Le frelon asiatique est un prédateur envers les abeilles domestiques plus important que le frelon européen, aussi bien dans le temps (de juillet à décembre), qu’en intensité (toute la journée).
Les frelons asiatiques prélèvent les butineuses d’une ruche du matin au soir, une fois la ruche affaiblie, le prédateur y rentre et mange les abeilles et les larves. Un signe très caractéristique : il reste en vol stationnaire devant les ruches en attente d’une butineuse à croquer.
Incidences sur le rucher :
- un prélèvement intensif affaiblit la colonie, interrompt l’alimentation en pollen et provoque des mortalités de larves, un arrêt de ponte et le vieillissement de la colonie qui ne pourra pas résister à la période d’hivernage.
- un développement de maladie probable suite à la mortalité des larves.
Echelle de risques :
- 2 frelons par ruche : on note une perturbation mais l’activité est maintenue,
- 3 à 5 frelons par ruche : la perturbation est importante,
- plus de 5 frelons par ruche : elle est condamnée à terme ou alors un déplacement est envisagé dans une zone ou la prédation est moindre.

Comportement de défense des colonies d’abeilles

Quatre modes de défense

- On a pu observer, sur la majorité des colonies, des regroupements allant jusqu’à une centaine d’abeilles devant les ruches sur la planche d’envol pour anticiper les entrées ou attaques du frelon. Lorsque celui-ci menace d’attaquer plusieurs abeilles foncent dans sa direction provoquant momentanément l’éloignement du frelon.
- Un groupe d’abeilles se jette sur le frelon, le capture et les abeilles vont tenter de le piquer entre les tergites de l’abdomen ou entre celui-ci et le thorax, le thorax et la tête.
- Une abeille s’envole de la planche d’envol, monte à la verticale et retombe en piqué sur le frelon en vol stationnaire, elle va le piquer entre la tête et le thorax, ou entre le thorax et l’abdomen. Le frelon tombe au sol et repart vers son nid après quelques minutes.
- Au lieu d’arriver à la ruche en pente douce, elle va voler vite au-dessus des frelons et ce jusque devant le front de ruche puis se laisse tomber verticalement sur la barbe de la défense.

Danger pour l’homme

Selon les premières observations le frelon asiatique est peu agressif envers l’homme, les nids sont souvent très éloignés de la présence humaine (dans les hauteurs des arbres), à la différence du frelon européen qui vit souvent près des hommes, leur piqûre peut s’avérer dangereuse si la personne est très sensible au venin ou si elle est piquée plusieurs fois simultanément.

Piégeage

Beaucoup parlent du piégeage des fondadtrices au printemps (février à mai) afin d'éviter l'installation des colonies. Les méthodes proposées consistent à poser un piège appâté avec une substance sucrée et alcoolisée.

Nous déconseillons fortement l'utilisation de ces pièges car ils ne sont pas sélectifs. Une étude menée récemment par les entomologistes du Muséum National d'Histoires Naturelles fait apparaître que 99% des insectes qui y sont piégés ne sont pas des frelons asiatiques.

Ces pièges ont donc un impact très important sur l'entomofaune locale, détruisant une grande quantité de pollinisateurs (frelons européen, papillons, diptères, ...) et autres invertébrés essentiels dans la chaîne alimentaire.

Conclusions

Le frelon asiatique attaque les butineuses, en particulier les récolteuses de pollen, cela induit une cause supplémentaire d’affaiblissement des colonies d’abeilles.
Vespa velutina est un prédateur des abeilles mais également d’autres insectes, son acclimatation et son extension en France requièrent une vigilance et des travaux de recherche appliquée et d’expérimentation en apiculture.

L'utilisation des pièges type "Blot" est fortement déconseillée tant qu'une molécule spécifique au frelon asiatique n'a pas été trouvée. Dans tous les cas, ne tentez pas de détruire un nid par vos propres moyens.

Fiche descriptive ADAAQ Rapport d'étude menée par le MNHN sur l'impact des pièges type "Blot"


Mise à jour de la page : 02/2012