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Naturascope

Dans la chaleur inquiétante de cet été 2003, un événement important pour nous et surtout pour la Vienne est passé inaperçu. Le 20 août, la commune de Monts-sur-Guesnes a retiré son appel introduit devant la Cour Administrative d'Appel de Bordeaux sur la décision du tribunal administratif de Poitiers du 17 octobre 2002 annulant la délibération de la commune en date du 27 juillet 2002 qui approuvait le projet de révision du plan d'occupation des sols (POS) lié au projet de Naturascope.
Si l'on a l'amabilité de se reporter à la dernière page (n°10) de l'article de fond paru dans le bulletin de printemps 2003 de Vienne Nature, cela signifie :
l'abandon définitif du projet de Naturascope dans la forêt de Scévolles,
puisque l'appel contre l'annulation du marché d'architecture attribué au cabinet Laming a été également abandonné un peu plus tôt !
Trois ans !… trois, pour obtenir ce résultat négatif. Regrettons à nouveau le comportement obstiné des élus responsables.
Certes, il reste à apurer le contentieux avec l'Administration. Avec notre soutien, Bien Vivre en Scévolles a également, rappelons-le, attaqué l'arrêté pris par le préfet de la Vienne autorisant un programme de travaux au titre de la loi sur l'eau du 22 mars 2002, encore au mépris de la prise en considération des atteintes prévisible aux délicats milieux aquatiques et humides. Le projet de base abandonné, l'arrêté devait de toute façon être abandonné ou modifié, mais il ne nous déplairait pas que le tribunal nous suive encore dans le constat d'« une erreur manifeste d'appréciation ». Rendez-vous à une prochaine audience dont nous vous ferons état en temps utile.
Ceci posé, ne nous glorifions pas à l'excès de ce résultat, partagé, rappelons-le, avec nos associations amies. Personne n'a gagné, personne n'a perdu. Pourtant les milieux naturels se trouvent préservés et les contribuables de la Vienne et du Loudunais protégés des conséquences d'une décision coûteuse et ruineuse à terme. Mais faisons-en un argument sur l'utilité et l'efficacité de notre association. Et sans doute peut-on espérer que la décision du tribunal administratif de Poitiers fasse jurisprudence pour d'autres projets mal conçus et mal placés.

Et maintenant ?
La commune de Monts-sur-Guesnes , peu soucieuse sans doute d'expliquer à la population locale les motifs de cet abandon après un aussi long temps de certitudes, continue de nous traiter de destructeurs de l'espace rural (!), parle d'acharnement contre un projet de développement et fustige le harcèlement juridique dans ses délibérations et son bulletin municipal ! Elle a refusé à ce titre de publier une note de notre part détaillant en réponse nos objectifs réels et les fondements de notre action dans cette affaire.
Mais à quoi bon s'acharner contre la mauvaise foi !
Et, ne serait-ce que pour faire preuve de notre bonne foi, et illustrer nos capacités à construire, nous nous sommes associés depuis le mois de mai 2003 à la nouvelle démarche de Monts-sur-Guesnes d'élaboration d'un nouveau « Plan Local d'Urbanisme » (PLU) se substituant au projet de Plan d'Occupation des Sols (POS) annulé et faisant suite directement au POS de 1986 toujours applicable de fait. Cette démarche est longue et astreignante (déjà huit réunions locales). Et elle nous engage en quelque sorte, avec des risques si nous ne faisons pas preuve de vigilance pour déceler à la source les orientations et les décisions contraires à l'intérêt général et à nos objectifs généraux.
Pour le moment, cette concertation se déroule assez bien.
En bref, le PLU doit fixer des objectifs de développement, délimiter et définir les zones dans l'espace communal et leur vocation, enfin préciser les directives réglementaires internes à chaque zone.
Concrètement, si l'on fait abstraction des zones urbaines ou à urbaniser dans le futur (Bourg et hameau de Saint-Vincent), l'essentiel de la discussion porte sur les zones naturelles du sud-est de la commune, intégrant les Bois de Beaumont, partie de la forêt de Scévolles, et les zones non boisées, anciennement cultivées ou friches, riveraines de la Briande et du même massif boisé. 15 hectares y ont été défrichés prématurément pour permettre l'implantation des équipements du Naturascope qui n'ont pas été autorisés par la suite !
La collectivité affiche un objectif de développement durable qui nous donne le sentiment d'avoir été écoutés derrière les déclarations bravaches, et se concentre sur le « développement de Beaumont ». Il s'agit de créer un centre d'accueil dans les bâtiments de l'ancienne grosse ferme du domaine et d'aménager les espaces naturels environnants, propriétés de la Communauté de Communes du Loudunais. Accueil de scolaires et de séminaires d'entreprises: tout cela n'a rien pour inquiéter a priori si l'on reste dans des limites raisonnables de capacité d'accueil éventuellement complétées et compatibles avec la préservation des zones naturelles proches.
La partie défrichée doit être reboisée, déduction faite de l'emprise d'une voie d'accès aux bâtiments à créer, et des circuits de découverte pédestres seront réalisés. L'ensemble de la propriété de la CCPL boisée ou à reboiser sera gérée par l'Office National des Forêts.
Rien n'est encore assez net actuellement, mais nous avons bon espoir d'aboutir à un projet mesuré et utile si la collectivité persiste dans ses intentions et les concrétise.

Claude DORNIER


Mise à jour de la page : 11/2007